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Comment demander une quittance de loyer : la lettre type et les bons réflexes

Un simple email suffit. La loi n’impose aucune forme à la demande de quittance : ni recommandé, ni formule particulière, ni motif à donner. Dès que vous la demandez, le bailleur doit vous la transmettre, gratuitement (article 21 de la loi du 6 juillet 1989). Le recommandé ne devient utile que si la première demande reste sans réponse. Modèles ci-dessous, du message de deux lignes à la lettre plus formelle.

À qui adresser la demande de quittance

À celui qui encaisse votre loyer. Si une agence gère le logement, c’est elle qui délivre les quittances et c’est à elle qu’on écrit : le paiement entre ses mains vaut paiement au propriétaire, la demande entre ses mains vaut demande au propriétaire. En location directe, on écrit au bailleur lui-même. Détail utile : c’est toujours à lui de vous transmettre le document, jamais à vous de passer le chercher au bureau, la loi de 2009 ayant précisément remplacé « remettre » par « transmettre » dans le texte.

Le message simple qui suffit dans la plupart des cas

Objet : Demande de quittance de loyer — [adresse du logement]

Bonjour,

Locataire du logement situé [adresse], je vous remercie de bien vouloir me transmettre la quittance de loyer du mois de [mois, année], ainsi que celles des mois à venir au fil de leur paiement.

J’accepte expressément de les recevoir par voie électronique, à cette adresse email.

Bien cordialement,

[Nom, téléphone]

Trois détails font tout le travail dans ce court message. La demande « des mois à venir » vous évite de réécrire chaque mois : une demande peut valoir pour l’avenir, et un bailleur organisé mettra l’envoi en routine. La phrase sur l’email n’est pas décorative : la transmission dématérialisée exige l’accord exprès du locataire, et cette ligne le donne par écrit, ce qui simplifie tout pour la suite, comme l’explique notre page sur l’envoi d’une quittance de loyer par email. Enfin, aucune justification n’y figure : vous n’avez pas à expliquer pourquoi vous voulez votre quittance, ni pour la CAF, ni pour un dossier, ni pour rien.

La lettre formelle, quand on veut dater la demande

[Nom, adresse du locataire]

[Nom, adresse du bailleur ou de l’agence]

À [ville], le [date]

Objet : demande de délivrance de quittances de loyer

Madame, Monsieur,

Locataire du logement situé [adresse] depuis le [date d’entrée], je vous ai réglé l’intégralité des loyers et charges des périodes suivantes : [mois et années concernés].

Conformément à l’article 21 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, je vous demande de bien vouloir me transmettre gratuitement les quittances correspondantes, par voie postale ou par email à l’adresse suivante : [email], mode de transmission que j’accepte expressément.

Je vous remercie par avance et vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.

[Signature]

Peut-on demander des quittances anciennes, ou après avoir déménagé ?

Oui aux deux. La demande peut porter sur n’importe quel mois intégralement payé, sans limite de délai : rien n’interdit de réclamer en janvier les douze quittances de l’année écoulée, en une seule fois. Et le déménagement ne change rien, un ancien locataire conservant le droit d’obtenir les quittances des loyers payés pendant le bail. L’étendue exacte de cette obligation, avec ses cas limites, est détaillée sur notre page est-il obligatoire de délivrer une quittance de loyer.

Une seule situation ferme la porte : le mois payé partiellement. Le bailleur ne doit alors pas une quittance mais un reçu, et il est dans son droit en refusant de quittancer, comme l’explique notre page quittance de loyer et impayés.

Les frais qu’un bailleur n’a pas le droit de vous facturer

Aucun, et la loi est ici d’une netteté rare. Depuis la loi ALUR, il est expressément acquis que les frais liés à la gestion des quittances et des avis d’échéance, frais d’établissement comme frais d’envoi, ne peuvent pas être facturés au locataire. Une clause du bail qui mettrait à votre charge des frais d’expédition ou de gestion est abusive, illicite, et réputée non écrite (article 4, p, de la loi du 6 juillet 1989). Elle ne produit donc aucun effet, même si vous avez signé le bail qui la contient.

Le même raisonnement vaut pour les frais de recouvrement : une clause qui les mettrait d’emblée à la charge du locataire est jugée abusive. Un bailleur qui conditionne la remise d’une quittance au paiement de quoi que ce soit sort du droit.

Le bailleur peut-il tarder, ou poser des conditions ?

La loi ne fixe pas de délai chiffré, mais l’obligation s’exécute dans un délai raisonnable : comptez quelques jours à une semaine, et considérez qu’au-delà de deux semaines sans réponse, la demande mérite d’être renouvelée en recommandé. Quant aux conditions du type « réglez d’abord l’arriéré de février » ou « venez la chercher à l’agence », aucune ne tient : les mois soldés se quittancent même si d’autres restent dus, et l’acheminement incombe au bailleur.

Et si la demande reste lettre morte ?

Une absence de réponse n’est pas encore un refus : relancez une fois, en recommandé, en datant les demandes précédentes. Si le silence persiste ou si le refus devient explicite, on change de registre : mise en demeure, puis juge des contentieux de la protection, avec astreinte au besoin. La procédure complète, modèle de mise en demeure compris, est sur notre page refus de délivrer une quittance de loyer.

L’ensemble du régime du document, de sa gratuité à sa valeur de preuve, est exposé sur notre page de référence sur la réglementation des quittances de loyer.