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Trouver un logement sans quittance de loyer : comment faire, et ce que le bailleur peut vraiment exiger

Oui, on peut louer sans quittances de loyer, et pas en bricolant : la loi elle-même a prévu le cas. Le décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015 fixe la liste limitative de ce qu’un bailleur peut demander à un candidat locataire, et il y prévoit des pièces de remplacement pour qui n’a pas de quittances. Reste à savoir quoi produire selon votre situation, et jusqu’où le bailleur a le droit d’insister.

Pourquoi le bailleur demande les 3 dernières quittances de loyer

La demande n’a rien d’abusif en soi : les quittances récentes sont, pour un bailleur, le meilleur indicateur qui existe du comportement de paiement d’un candidat. Un relevé de compte montre qu’on a de l’argent ; trois quittances montrent qu’on paie son loyer, en entier et à l’heure. C’est pour cela que le décret de 2015 les a inscrites dans la liste des pièces justificatives autorisées. Le bailleur qui les demande est dans son droit. Celui qui en fait une condition absolue, en revanche, ignore la suite du même texte.

Pas de quittances ? La loi prévoit un document de remplacement

Le décret prévoit lui-même la solution : à défaut de quittances, une attestation du précédent bailleur, ou de son mandataire, indiquant que le locataire est à jour de ses loyers et charges. Ce document a la même valeur dans un dossier de candidature, puisque c’est le texte qui les met sur le même plan.

Ce qu’elle doit contenir, comment l’obtenir, un modèle à faire signer à votre ancien bailleur et la marche à suivre s’il refuse : tout est détaillé sur notre page consacrée à l’équivalent d’une quittance de loyer.

Jamais eu de quittances ? Les justificatifs selon votre situation

Beaucoup de candidats n’ont pas de quittances pour une raison simple : ils n’ont jamais été locataires. Le décret y a pensé, et la liste des pièces admises couvre chaque cas.

Vous étiez hébergé (chez vos parents, un proche) : une attestation d’hébergement rédigée par la personne qui vous logeait, en pratique accompagnée de son propre justificatif de domicile. C’est le parcours classique du premier logement étudiant ou du jeune actif.

Vous étiez propriétaire : le dernier avis de taxe foncière ou le titre de propriété du logement que vous occupiez. Le vendeur qui redevient locataire n’a aucune quittance à montrer, et aucun bailleur sérieux ne le lui reprochera.

Vous sortez d’un logement de fonction, d’un foyer ou d’une location meublée informelle : attestation de l’employeur ou du gestionnaire, ou tout document établissant l’occupation. À défaut, l’attestation d’élection de domicile prévue par le décret complète la panoplie.

Dans tous les cas, le réflexe gagnant est le même : ne pas laisser un trou dans le dossier, mais le remplir avec la pièce prévue pour votre situation, en expliquant en une ligne pourquoi il n’y a pas de quittances. Un dossier qui anticipe la question rassure plus qu’un dossier complet.

Ce que le bailleur n’a pas le droit d’exiger

La liste du décret de 2015 est limitative : le bailleur ne peut demander aucune pièce qui n’y figure pas. Exiger un relevé de compte bancaire, une attestation d’absence de crédit ou un dossier médical est interdit, et l’article 22-2 de la loi du 6 juillet 1989 sanctionne le bailleur qui s’y risque d’une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour un particulier et 15 000 € pour une personne morale. Un candidat sans quittances qui fournit la pièce correspondant à sa situation a donc remis un dossier conforme : le bailleur peut préférer un autre candidat, mais il ne peut pas exiger davantage de celui-ci.

La fausse quittance : la solution qui détruit tout

Reste la tentation que ce site ne recommandera jamais : fabriquer des quittances. Au-delà du fait qu’un professionnel repère vite un document incohérent, produire une fausse quittance pour obtenir un logement ou un crédit relève du faux et usage de faux, et les tribunaux ont déjà qualifié d’escroquerie la production de faux justificatifs pour décrocher un bail. Le candidat honnête sans quittances a une meilleure carte à jouer : les alternatives légales, qui existent précisément pour lui. Et le bailleur qui doute d’un document peut le contrôler, comme l’explique notre page sur la vérification de l’authenticité d’une quittance de loyer.

Une fois locataire : ne plus jamais être dans cette situation

Le problème du dossier sans quittances se règle définitivement en amont : demandez vos quittances dès le premier mois de votre prochaine location. Elles sont gratuites, dues sur simple demande, et elles se conservent au moins trois ans après la fin du bail. Le cadre complet, gratuité et obligations du bailleur compris, est exposé sur notre page de référence sur la réglementation des quittances de loyer.